Matière Mobile

Résidence artistique de Dominique Peysson

Contexte théorique de l’artiste

Matières émergentes et art contemporain

Publié le vendredi 1er janvier 2016, par Dominique Peysson

Comment l’artiste peut-il appréhender la matière d’une toute nouvelle manière, sculptant et structurant ses constituants internes pour modeler ses propriétés physicochimiques ? Quelle est alors la rencontre des sensibilités entre l’homme et la matière ? Utiliser la matière performeuse, c’est-à-dire performante et active, conduit à la réalisation d’œuvres responsives, c’est-à-dire interactives.

Alors qu’un art de l’immatériel s’est développé au cours du XXe siècle, cette matérialité renouvelle pour l’art contemporain sa manière d’aborder le très ancien couple hylémorphique matière/forme. L’artiste sculpte non pas la forme extérieure, mais les sous-structures internes de la matière, non pas l’objet mais ses propriétés. Prenant acte de son passage par le monde des idées, la matière se pose comme présence à la fois tangible et immatérielle, matière et matière grise. Une matière « qui a un poids, qui a un cœur », pour reprendre l’expression de Gaston Bachelard, et dont le toucher – de l’effleurement poétique à la tactilité contenante, de l’enlacement amoureux à l’écrasement destructeur – peut nous toucher au plus profond. Une substance performeuse, puisque performante et active, dont l’intense présence et la capacité d’étrangéisation du réel éveillent des sentiments esthétiques d’une grande richesse. Elle se fait responsive pour donner corps à des œuvres interactives d’un autre genre, avec lesquelles nous entrons en relation directement par le langage de la matière. Une matière à penser, puisque notre pensée est d’abord corporelle. Penser par exemple les limites de la matière, à l’aube de notre marche vers le vivant artificiel.

Première Impression est le titre d’un corpus d’œuvres liant l’art contemporain à la biologie, la synthèse chimique, l’informatique et l’ingénierie. Comme point de départ, l’utilisation d’un matériau plastique d’une nature très singulière, pour « fabriquer » des objets : des molécules d’ADN.


Voir en ligne : Le site personnel de Dominique Peysson